Home A la une Crise libyenne : Ballet diplomatique à Alger
A la une - Monde - 7 janvier 2020

Crise libyenne : Ballet diplomatique à Alger

Reste-t-il de la place pour la diplomatie dans la crise libyenne ? A l’évidence, l’Algérie use de tout son poids pour «trouver une solution politique à cette crise qui garantit l’unité de la Libye, de son peuple et de son territoire ainsi que sa souveraineté nationale, loin de toute ingérence étrangère». Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune qui a reçu, lundi 6 janvier, le Président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, M. Fayez El-Serraj a rappelé la position constante de l’Algérie vis-à-vis de la crise libyenne. Une position qui repose essentiellement sur le principe de non-ingérence dans les affaires internes des Etats. Il a ainsi, réitéré son attachement à «préserver la région de toute ingérence étrangère, compte tenu des menaces qui pèsent sur les intérêts des peuples de la région, sur l’unité de leurs Etats et sur la sécurité et la paix dans la région et dans le monde ». A l’issue de l’entretien entre le président Tebboune et le chef du gouvernement d’union nationale libyen, Fayez el-Sarraj, la présidence algérienne a diffusé un communiqué dans lequel elle appelle la communauté internationale à «imposer un cessez-le feu en Libye». Le chef du gouvernement d’union nationale libyen, Fayez el-Sarraj, qui a effectué lundi cette courte visite en Algérie précède l’arrivée à Alger du ministre turc des affaires étrangères. Une visite qui vise à «légitimer» l’envoi de troupes turques en Libye aux côtés du gouvernement de Tripoli ciblé par l’offensive du dissident maréchal Haftar. Les députés du parlement turc ont autorisé, l’envoi de troupes en Libye aux côtés du gouvernement de Tripoli ciblé par l’offensive du dissident maréchal Haftar. Convoqué par le président turc Recep Tayyip Erdogan, le Parlement a donné son feu vert, jeudi dernier, au déploiement de troupes turques en Libye en soutien au gouvernement d’accord nationale (GNA) de Tripoli, menacé par une offensive du chef de guerre Khalifa Haftar. La tension monte dangereusement dans ce pays partageant une frontière longue de 1000 km avec notre pays. L’escalade imminente de la violence était prévisible. Elle était inscrite dans un certain agenda. Coup sur coup, il y a eu le raid contre l’Ecole militaire de Tripoli ayant fait près de 30 victimes parmi les étudiants et l’annonce par le maréchal Haftar, lundi soir que «Syrte a été totalement libérée.» Les troupes de Haftar ont notamment pris le contrôle de l’aéroport de Ghardabiya, après que «la force armée chargée de protéger l’aéroport s’est rendue», selon un communiqué des troupes de cet officier qui refuse de reconnaître la légitimité des institutions issues de l’accord de Skhirat parrainé par les Nations unies. La tension ira crescendo dans les jours à venir. La riposte à cette attaque meurtrière des troupes du maréchal Haftar par le camp du Président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, M. Fayez El-Serraj est prévisible. La recherche de la paix en Libye est une priorité absolu pour l’Algérie qui réaffirme à tous ses interlocuteurs son «refus absolu» de «toute ingérence extérieure» en Libye, «exhorte» toutes les composantes et parties libyennes à reprendre rapidement le chemin «d’un dialogue national inclusif».

L’Algérie, la clé du puzzle ?

Un message clair que porterons dans leurs valises, le chef du gouvernement d’union nationale libyen, Fayez el-Sarraj et le ministre turc des Affaires étrangères, Mevut Cavusoglu.  L’Algérie qui est décidé à reprendre en main le dossier de la crise libyenne entend user de toute son influence diplomatique et de puissance régionale sur le cours des évènements qui se déroulent non loin de ses frontières. Notre pays est surtout avantagé, par les bonnes relations qui le lient à toutes les parties antagonistes et les structures tribales qui administrent le territoire libyen, outre les bonnes relations qui la lient également aux parrains étrangers des deux camps notamment Emirats arabes unis, Russie, Egypte et France du côté d’Haftar, la Turquie et le gouvernement d’union nationale libyen. Dans ce sens, Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum a indiqué, jeudi dernier, que l’Algérie prendra «dans les prochains jours» plusieurs initiatives en faveur d’une solution pacifique à la crise Libyenne, réitérant le rejet de l’Algérie de la présence de toute force étrangère, quelle qu’elle soit. Dans cette optique, lundi dernier, le président de la République Abdelmadjid Tebboune, s’est entretenu par téléphone avec la chancelière Angela Merkel, qui a officiellement invité l’Algérie à prendre part à la prochaine conférence de Berlin sur la Libye, dont la date n’est pas encore fixée. La solution pacifique à la crise libyenne, une solution exclusivement inter-libyenne semble à priori une « urgence » pour certaines parties qui redoutent que le facteur ne joue son œuvre favorisant en cela la guerre par procuration que se livrent les puissances étrangères en Libye pour s’installer définitivement dans ce pays, attirés par les odeurs des ressources naturelles et gisements de pétrole qui «dorment» dans le sous-sol libyen. A moins que le peuple de ce pays ne décide de prendre ses destinés en main en déjouant tous les complots tramés contre sa souveraineté.
Sid Ali Ahmed  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *