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A la une - Economie - 17 août 2020

Plan de relance : cap sur une nouvelle économie

Le ministre de l’Industrie Ferhat Ait Ali Braham a affirmé lundi que la rencontre sur le plan de relance économique et sociale prévue mardi et mercredi à Alger sera axée sur l’élaboration d’une « nouvelle orientation » économique en concertation avec les partenaires sociaux, des experts financiers et des sociologues.

Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, M. Ait Ali a indiqué que la rencontre sur le plan de relance économique et sociale prévue les 18 et 19 août courant au Centre international des conférences (CIC) devra aborder la mise en place d’une nouvelle orientation économique en concertation avec les organisations patronales et les syndicats, ainsi que des experts et sociologues.

« Ce n’est pas une rencontre tripartite comme celles organisées dans le passé, mais une véritable concertation qui permettra au gouvernement d’écouter et d’échanger avec les autres partenaires sociaux. Ces derniers seront invités aussi à prendre connaissance des attentes et objectifs de l’Exécutif en matière de développement socio-économique », a expliqué le ministre de l’Industrie.

Qualifiant également cette rencontre d' »Assises » consacrées au plan de relance économique et social, M. Ferhat Ait Ali a annoncé à l’occasion la présence de plus de 300 participants dont un tiers de personnalités indépendantes constitué, entre autres, d’experts nationaux vivant en Algérie et à l’étranger.

A ce propos, le ministre de l’Industrie a précisé que les travaux de cette rencontre se dérouleront en cinq ateliers distincts qui seront axés sur l’élaboration d’un plan « structurel » et d’une « nouvelle économie » assurant que le gouvernement compte tracer sur long terme un nouveau chemin de développement.

 « Il n’est pas question de discuter ni sur la conjoncture économique ni sur la situation financière du pays. Notre objectif est de tracer un nouveau chemin pour aboutir à une économie nouvelle », a-t-il tenu encore à clarifier. Abordant la situation de l’industrie nationale, M. Ait Ali a dressé un constat critique de l’état de ce secteur « sinistré » en termes de gestion « archaïque » et évoluant face une « fausse » concurrence de produits détaxés.

Interrogé sur la faiblesse de la contribution de l’activité industrielle au Produit intérieur brut (PIB) estimée à 5%, le ministre de l’Industrie a rétorqué que ce chiffre datait de l’année 1992 lorsque le PIB était de 30 milliards de dollars, alors qu’aujourd’hui, a-t-il soutenu, le PIB avoisine les 200 milliards de dollars.

Partant de ce constant, M. Ait Ali a insisté sur le « changement de cap » en matière de gestion aussi bien pour les dirigeants des groupes publics que privés, appelant à l’intégration d’une gestion « rationnelle » et à l’élaboration de plans de « relance réelle » et « non pas des plans de développements basés sur les dépenses à effectuer et liés à l’assistance de l’Etat ».

Parmi les secteurs industriels qui peuvent jouer un rôle déterminant, le ministre de l’Industrie a cité l’agroalimentaire qui peut, selon lui, tripler sa valeur ajoutée et pourrait atteindre les 70 milliards de dollars par an.

Dans cette optique, M. Ait Ali a mis en avant la nécessité de mettre en place une politique de régulation de la production agricole et de la création des chaînes de froid pour le stockage des surplus de manière à sortir, a-t-il mentionné, de ce « cercle vicieux  » de manque de la régularité dans la production.

« Il est inadmissible de continuer à importer du concentré de tomate, alors que des exploitants agricoles n’arrivent pas écouler leur production et sont souvent contraints à la jeter dans la nature »,

Quant au projet de révision du code des investissements, l’intervenant a dévoilé les principaux changements apportés à l’ancien texte de 2016, évoquant notamment la suppression de l’octroi des avantages douaniers (exonérations des droits douaniers) au démarrage des projets d’investissements, la clarté dans les procédures et la fixation des délais de rigueur dans le traitement des dossiers ainsi que la définition des critères de sélection des projets considérés comme stratégiques.

La règle 51/49 % régissant l’investissement étranger avec un partenaire local ne devrait s’appliquer, a-t-il en outre relevé, que pour les secteurs stratégiques comme ceux portant sur l’exploitation des ressources naturelles et les grandes infrastructures publiques, tout en précisant que la part des étrangers dans les domaines de l’hôtellerie et des activités industrielles manufacturières peut aller jusqu’à 100 %.