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National - 19 février 2020

Presse électronique: nécessaire régularisation juridique pour mettre fin aux « ambiguïtés »

La presse électronique en Algérie est entourée d' »ambiguïtés », ce qui nécessite une régularisation juridique à même d’assurer son développement et son épanouissement, ont affirmé mercredi des responsables et des experts du secteur.

Pour Dris Cherif, enseignant à l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de l’information, la loi organique relative à l’information de 2012 évoque la presse électronique, qui, a-t-il dit, n’opère pas en toute « illégalité », mais « l’ambiguïté et le flou juridiques » entourent ce créneau.

Il a expliqué que l’assise juridique de la presse électronique existe, mais elle « n’est pas consolidée par des textes d’application pour que les responsables des sites et les journalistes puissent ainsi jouir de cette sécurité juridique nécessaire à l’accomplissement de leur mission ».

Pour ce spécialiste des médias, un support médiatique « obéit à des règles économiques pour assurer sa survie », ajoutant que « le modèle payant, qui garantit l’existence durable et la pérennité de ces médias devrait reposer notamment sur la présence d’infrastructures techniques et technologiques ».

M. Dris Cherif a indiqué que « le modèle de l’économie numérique, en vigueur dans beaucoup de pays, à même d’assurer le développement de la presse électronique, n’existe que dans les discours, n’est pas encore palpable et ancré dans les pratiques en Algérie », soutenant que la sphère économique « ne s’est pas encore appropriée tous les leviers et les atouts qu’offrent les nouvelles technologies ».

Pour sa part, Redouane Boudjemaa, professeur en journalisme à l’université d’Alger, « la presse électronique connait diverses contraintes ». Il s’agit principalement, a-t-il expliqué, de « la faiblesse des ressources publicitaires et d’un système éditorial fondé sur la politique de la diffusion de l’information de façon gratuite ».

Un modèle économique viable

Pour ce spécialiste des médias, le développement de la presse électronique « requiert la conjugaison d’un certain nombre d’éléments, notamment juridique, technique, économique et politique pour lui assurer une existence durable et une transformation vers un modèle économique viable ».

Il a relevé, dans ce cadre, le « vide juridique » qui entoure la presse électronique à même de « constituer des entités professionnelles et économiques », ajoutant que la loi « n’évoque pas l’identité professionnelle et juridique » du journaliste du web.

Il a relevé, par ailleurs, que « le grand défi reste fondamentalement dans la consécration des grands principes de la presse, à savoir l’amélioration de l’exercice du métier des journalistes, en respectant l’éthique et la déontologie, en faisant leur métier d’information pour assurer le service public ».

Un atelier consacré à l’avant-projet de loi sur la presse électronique se tiendra jeudi à Alger avec la participation de l’ensemble des professionnels du secteur pour en consacrer le développement et de préciser les fondements organisationnels de son activité.

Cet atelier, qui se tiendra à l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de l’information, servira à faire un état des lieux de la presse électronique, à recenser les préoccupations de ses acteurs pour tracer une stratégie participative en vue de la développer et d’en préciser les fondements organisationnels de son activité.

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait instruit, début février, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, à l’effet de procéder à la « régularisation de la situation juridique des journaux électroniques domiciliés en Algérie ».

Ces médias seront traités « au même pied d’égalité » que la presse nationale écrite en matière de couverture des activités nationales et officielles et d’accès à la publicité publique, « et ce dans le strict cadre de la loi et de la déontologie de la profession », avait-il affirmé.

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